Comprendre, évaluer, agir.
Comprendre ce qui se joue aujourd’hui derrière le terme de mondialisation. Libre échange des marchandises, des plus tangibles aux plus invisibles, déplacements massifs des capitaux à rebours des anciens chemins, spéculation déséquilibrante, migrations, délocalisations en chaine, et avec l’émergence de la Chine, de l’Inde et du Brésil, l’entrée de centaines de millions de travailleurs sur le marché mondial alors que sévit, simultanément, une révolution technologique et sociétale.
Évaluer précisément l’impact sur nos économies de cette nouvelle mondialisation, sans agiter d’épouvantails ! L’Europe, la France, nos sociétés, pourront-elles résister avec leurs taux de croissance et d’investissement si faibles, prises en tenailles entre les États-Unis à la pointe des innovations et les pays émergents à très bas salaires ?
Agir pour que l’Europe aujourd’hui dévoyée retrouve son dynamisme, son potentiel innovateur. Agir contre les effets pervers du marché, les dysfonctionnements de l’Europe, de l’euro, mais sans élever de barrières. Car un enfermement serait terriblement coûteux aujourd’hui pour nos économies intégrées.
L’enfer, ce n’est pas principalement les autres, ce sont nos faiblesses actuelles. La mondialisation n’est pas le mal, mais elle peut faire mal si nous ne prennons pas les chemins de l’innovation, de cette société de la connaissance qui est déjà là, mais à laquelle nous tournons le dos.
Pierre Dockes est professeur d’économie à l’université Lyon II. Il a publié une dizaine d’ouvrages et, en tant que directeur de l’Institut Walras, dirigé l’édition des uvres complètes de Walras.
avril 2007



